Léo Ferré est le compagnon des jours sombres, il me suffit de déposer sur la platine sa chanson Les poètes pour raviver la flamme du dedans ! Il me suffit d'écouter Pépée pour penser à mon chien perdu, d'écouter La solitude, pour me sentir moins seul.
"Cette vie qui dure l'espace d'un cri, d'une permanente ou d'un blue-jean."
Léo Ferré se définissait comme un misanthrope humaniste, belle formule - je l'emprunte. Derrière chaque misanthrope, il y a un amour déçu, nous sommes d'accord...
"Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles, à certaines heures pâles de la nuit."
Je me repasse en boucle La vie d'artiste, cette chanson qui fait pleurer ma femme. Je tire sur ma cigarette et bois du vin de Toscane ; je me libère du joug de l'oppression.
"À l'auberge dada, la crotte est littéraire, le vers est libre enfin et la rime en congé, on va pouvoir poétiser le prolétaire."
J'arrache un sourire à ma vie.