La biographie de François Augiéras par Paul Placet est un grand livre. On a envie de serrer l'auteur dans ses bras et de lui dire merci. Merci de m'avoir fait aimer encore davantage le Périgord Noir, d'avoir établi cette proximité entre l'auteur de Domme et le visiteur qui se rendit sur sa tombe au mois de juillet 2006. Défense de déposer les ordures, j'ai vu cela comme une insulte, quelque chose de calculé, comme si la misérable tombe qui abrite sa dépouille ne suffisait pas.
Les lecteurs ont découvert François Augiéras bien après sa mort, par la réédition de son œuvre aux Éditions Grasset, puis par la biographie de Serge Sanchez, François Augiéras, Le dernier primitif, qui a accompli un étonnant travail de recherche et rédigé lui aussi une biographie inspirée.
Quant au livre de Paul Placet, il est passé quasiment inaperçu et c'est fort dommage. Le témoignage d'un ami est toujours instructif, surtout lorsqu'il s'agit d'un ami authentique, un des rares qui l'a accompagné dans ses périples au Mali, en Espagne, au mont Athos, qui a couché sous le même ciel étoilé à la lumière d'un feu de camp, qui a souvent était exaspéré par son caractère excessif, mais qui lui a toujours pardonné et fut l'une des trois personnes présentes lors de son enterrement.
Un lourd fardeau que François Augiéras ? Comment pourrait-il en être autrement. On voit bien l'admiration qu'il lui portait, jusqu'à mettre entre parenthèses une carrière littéraire qui aurait pu être plus conséquente, jusqu'à se sentir investi d'une mission : faire découvrir l'œuvre d'Augiéras au grand public.
C'est un très beau voyage auquel nous convie Paul Placet, on se dit que l'ombre du défunt ne devait pas être loin, qu'ils ont accompli cette ultime expédition ensemble, jusqu'à la toute fin.
"Je vis une silhouette anonyme, courbée, ayant perdu sa densité, une aura noire qui s'éloignait sous l'allée des platanes avec là-bas devant elle un petit carré de lumière tremblant dans la nuit de novembre.
Je ne devais plus revoir mon ami."