Werner Herzog a le chic pour dégotter des tordus et mettre en scène l'aventure humaine. Timothy Treadwell, un surfeur alcoolique, cultivant le look, mais plus subtil qu'il en a l'air, accomplit un voyage en Alaska : il vient de trouver de quoi s'éjecter du monde, sous des dehors d'écologie et de protection animalière, il a découvert son crédo, de quoi entrer dans la légende.
Grizzly Man, c'est la quête existentielle d'un desperado qui se découvre parmi les ours, on imagine que cela aurait pu être parmi les gorilles ou les dauphins. Trimballant sa caméra DV, Treadwell enregistre une centaine d'heures d'images qui serviront à Werner Herzog pour faire son documentaire. On le voit s'extasier devant les excréments d'une de ses bêtes favorites, s'approcher dangereusement d'un grizzly, se confier face à l'objectif, expliquer le vide dans lequel il sombrait avant sa fameuse découverte. Souvent délirant, se mettant en scène comme s'il présageait déjà sa fin funeste. Ce qui ne manquera pas d'arriver, une nuit, sous la tante avec sa compagne Amie Huguenard, tandis que le magnéto enregistre, on entend les cris d'Amie et on constate l'étonnant sang-froid dont fait preuve Timothy.
Ceux qui découvriront le massacre quelques jours plus tard, récupéreront à peine de quoi remplir un sac-poubelle, le couple a été déchiqueté par une des bêtes qui faisaient leur admiration. Délivré, plus que déchiqueté, en ce qui concerne Timothy Treadwell.